L'origine des marchandises (Made in) et l'origine préférentielle de l'UE

L'origine des marchandises (Made In)

L'identification de l'origine des marchandises est indispensable aux fins de import-export.
Le certificat d'origine est "un document spécial délivré par la Chambre de commerce, sur un formulaire de l'UE, accompagnant les marchandises et certifiant officiellement le pays d'origine des produits". Il est facile d'identifier le pays d'origine des marchandises si un seul pays a été impliqué dans leur production. Si deux ou plusieurs pays sont impliqués dans la production, il faut alors identifier un critère discriminant.
L'article 60 du code des douanes communautaire stipule que :

  • Les marchandises entièrement obtenues dans un seul pays ou territoire sont réputées être originaires de ce pays ou territoire.
  • Les marchandises à la production desquelles contribuent deux ou plusieurs pays ou territoires sont considérées comme originaires du pays ou territoire où elles ont subi leur dernière transformation ou ouvraison substantielle, économiquement justifiée, dans une entreprise équipée à cet effet et ayant abouti à la fabrication d'un produit nouveau ou représentant un stade important du processus de fabrication".

Biens à la production desquels deux ou plusieurs pays contribuent

La lecture de l'article révèle les éléments, ou plutôt les critères, imposés par la Communauté européenne pour l'identification de l'origine des marchandises. Les conditions qui doivent coexister sont :

  • substantieldans le sens où les produits utilisés dans la production perdent leur identité de marchandise et donnent naissance à un nouveau produit ; 
  • le traitement doit être tel que les biens changent de forme, de destination ou de possibilité d'utilisation.

Pour certains produits, l'UE a défini précisément ce qui constitue une transformation substantielle. Par conséquent, les règles douanières identifient les activités de transformation qui ne sont pas suffisantes pour conférer le caractère originaire, comme nous le verrons plus loin.

En ce qui concerne la détermination de l'origine pour l'application des règles économiques, les douanes n'exigent des certificats d'origine que pour quelques marchandises. Dans la plupart des cas, l'origine est déterminée sur la base des marques, des documents commerciaux présentés, etc.

Notion d'origine et notion de statut communautaire des marchandises

Aux fins de l'octroi d'un droit préférentielqui peut être une exonération totale ou partielle des droits, dans le cadre des accords conclus par la CEE avec certains pays tiers, l'origine est attestée par des certificats de circulation spéciaux délivrés selon les règles prévues par les mêmes accords ou par des dispositions communautaires spécifiques.
En ce qui concerne la détermination de la valeur imposable, la réglementation actuelle considère que la valeur à déclarer en douane, aux fins de l'application des taxes, est la suivante valeur de transitionc'est-à-dire le prix effectivement payé ou à payer, donc finalement le prix de la facture.
Les taxes sur les marchandises importées sont réglées dans la déclaration en douane et sont perçues par les douanes selon les différentes modalités prévues (paiement périodique ou différé).

Par conséquent, étant donné l'importance de l'indication correcte de l'origine, et compte tenu des sanctions possibles découlant d'un litige douanier, une attention particulière doit être accordée à la définition de l'origine des marchandises, en tenant compte de ce qui suit

  • le concept de origine non préférentielle;
  • le concept de origine préférentielle.

Le concept d'origine ne doit pas être confondu avec le concept de statut communautaire des marchandises. Examinons les différences entre l'origine non préférentielle et l'origine préférentielle.

Origine non préférentielle

La définition de laorigine non préférentielle de marchandises est nécessaire afin d'établir l'application du tarif douanier des Communautés européennes (droit PT), l'application de mesures autres que tarifaires établies par des dispositions communautaires spécifiques dans le cadre des échanges de marchandises, ainsi que l'établissement et la délivrance de certificats d'origine.
Par origine non préférentielle, on entend le lieu de production de la marchandise ou le lieu où elle a subi sa dernière ouvraison ou transformation substantielle.
Afin d'établir l'origine (le "MADE IN") d'un produit, il faut d'abord identifier la ou les règles applicables et ensuite vérifier si le processus de production s'y conforme.

Produits entièrement obtenus

Il existe deux critères de base qui déterminent leorigine non préférentielle d'un produit :

  1. les produits sont toujours originaires d'un pays entièrement obtenu dans ce pays ;
  2. il indique où a eu lieu le dernier traitement ou la dernière transformation substantielle.

Des moyens entièrement obtenus :

  1. les produits minéraux extraits dans ce pays ou territoire ;
  2. les produits du règne végétal qui y sont collectés ;
  3. des animaux vivants, nés et élevés sur place ;
  4. des produits provenant d'animaux vivants qui y sont élevés ;
  5. les produits de la chasse et de la pêche qui y sont pratiquées ;
  6. les produits de la pêche maritime et autres produits tirés de la mer en dehors des eaux territoriales d'un pays par des navires immatriculés dans ce pays ou territoire et battant pavillon de celui-ci ;
  7. les marchandises obtenues ou produites à bord de navires-usines à partir de produits visés au point f), originaires de ce pays ou territoire, pour autant que ces navires-usines soient enregistrés dans ce pays et battent son pavillon ;
  8. les produits extraits du sol ou du sous-sol marin situé en dehors des eaux territoriales, à condition que ce pays ou territoire exerce des droits exclusifs pour l'exploitation de ce sol ou sous-sol ;
  9. les déchets et débris résultant des opérations de fabrication et les articles mis au rebut, à condition qu'ils aient été collectés sur place et qu'ils ne puissent être utilisés que pour la récupération des matières premières ;
  10. les marchandises qui y sont obtenues exclusivement à partir des produits visés aux numéros 1) à 9).

Dernier traitement ou transformation substantielle

2. Où a eu lieu la dernière ouvraison ou transformation substantielle

Ce critère s'applique aux marchandises transformées dans deux ou plusieurs pays ou produites avec l'utilisation de matériaux ou de composants non originaires de l'UE. Il est surtout utilisé pour les biens industriels tels que les machines ou les installations.
Selon ce critère, une marchandise est originaire du pays où a eu lieu la dernière ouvraison ou transformation, qui doit être substantielc'est-à-dire qui aboutit à un nouveau produit ayant une composition et des propriétés spécifiques qu'il ne possédait pas avant cette transformation : en pratique, elle doit entraîner un changement de position douanière dans le classement du bien, c'est-à-dire que les 4 premiers chiffres du code de la nomenclature douanière doivent changer. Ou, qu'il représente une étape importante dans le processus de fabrication économiquement justifiéimpliquant donc une augmentation de la valeur, et réalisée par unentreprise équipée à cet effet.

Origine non préférentielle - règles

Une liste des processus considérés comme substantiels pour certains produits peut être trouvée dans lannexe 22-01 de Règlement délégué 2446/2015selon la classification douanière. L'annexe contient :

  • règles primaires associées à la position douanière (4 premiers chiffres de la nomenclature) et, parfois, des règles de chapitre primaire (2 premiers chiffres de la nomenclature) qui peuvent être appliquées en alternative à celles associées à la position ;
  • règles résiduelles référencée à chaque chapitre (2 premiers chiffres de la nomenclature) faisant référence à l'origine de la plupart des matières calculée en poids ou en valeur, selon le cas.

S'il n'y a pas de règles primaires associées à la position douanière (4 chiffres) ou au chapitre (2 chiffres), il est possible de se référer à l'annexe 1 de l'Accord sur le commerce intérieur. règle résiduelle du chapitre.
Pour les autres produits, qui ne sont pas mentionnés dans l'annexe 22-01, on peut se référer à ce qu'on appelle les règles de la listebien qu'ils ne soient pas actuellement à jour, disponibles à l'adresse suivante TAXUD.
Toutefois, il est possible d'utiliser un critère résiduel, prévu par le Code des douanes : le pays ou territoire d'origine des marchandises est celui où la plupart des matières sont originaires, déterminé sur la base de leur valeur.

Traitement insuffisant pour attribuer l'origine

L'article 34 du règlement délégué 2446/2015 énumère les processus qui, de par leur nature, doivent toujours être considérés comme étant... insuffisante pour conférer une origine :

  1. les opérations de manutention destinées à assurer le maintien en bon état des produits pendant leur transport et leur stockage (aération, épandage, séchage, enlèvement des parties endommagées et opérations similaires), ou les opérations destinées à faciliter l'expédition ou le transport ;
  2. les opérations simples de dépoussiérage, de tamisage ou criblage, de tri, de classification, de triage, de lavage, de réduction en morceaux ;
  3. les changements d'emballage et la division et la réunion de lots, les opérations simples de remplissage de bouteilles, de canettes, de flacons, de sacs, de caisses ou de boîtes, ou leur fixation sur des supports en carton ou des planches, et toute autre opération simple de conditionnement ;
  4. la présentation de marchandises en séries ou en ensembles ou leur mise en vente ;
  5. l'apposition de marques, d'étiquettes ou d'autres signes distinctifs sur les produits et leurs emballages ;
  6. le simple fait d'assembler des parties de produits pour former un produit complet ;
  7. le démontage ou le changement d'utilisation ;
  8. le cumul de deux ou plusieurs opérations parmi celles visées aux numéros 1) à 7).

Origine préférentielle

Pour les produits importés de certains pays qui répondent à des exigences spécifiques, l'origine préférentielle peut être accordée, c'est-à-dire l'octroi d'avantages tarifaires à l'importation (réduction des droits ou leur exemption, suppression des interdictions quantitatives ou des contingents). traitement préférentiel. Le cadre juridique de ces accords est le Système de préférences généralisées (SPG). Le système de préférences généralisées (SPG) est un système non réciproque et non discriminatoire de régimes tarifaires préférentiels qui permet aux pays en développement d'obtenir un accès préférentiel aux marchés de l'UE. Selon l'article 208 du traité sur le fonctionnement de l'UE, l'objectif général du SPG est d'aider les pays en développement à réduire la pauvreté grâce à un accès préférentiel au marché de l'UE.

Conditions d'attribution de l'origine préférentielle

Les marchandises, pour bénéficier des avantages susmentionnés, doivent répondre à des exigences qui varient à la fois en fonction des différentes positions douanières des produits et des accords individuels signés par l'UE avec les différents pays étrangers (les pays dits "associés") : ces exigences peuvent différer de celles prévues par le code des douanes communautaire en matière d'origine non préférentielle.
Tous les accords établissent un ensemble de règles et/ou de critères spécifiques pour identifier un produit comme étant originaire d'un pays donné.
L'identification des processus jugés suffisants pour conférer l'origine est plutôt laissée aux protocoles d'origine des accords individuels signés par l'UE avec certains pays tiers, car les règles peuvent parfois différer les unes des autres, même considérablement.
L'opérateur doit donc bien connaître les marchés de référence pour ses produits, car l'enquête visant à identifier l'origine préférentielle des marchandises doit nécessairement être initiée par la décision du Conseil relative à l'accord signé par l'UE avec le pays de destination.

Règles d'origine préférentielles

A l'intérieur de chaque protocole d'origine, sont normalement énumérées les séries d'opérations de travail qui sont en elles-mêmes suffisantes pour conférer l'origine préférentielle aux marchandises, ainsi que toutes les opérations qui ne peuvent jamais être considérées comme suffisantes.
Pour certains types de marchandises, les différents protocoles renvoient à des "annexes" qui contiennent, en détail, la liste des ouvraisons ou transformations à effectuer sur les matières non originaires pour que le produit obtenu puisse obtenir le caractère originaire.
Compte tenu de son importance, la violation ou la certification incorrecte de l'origine des marchandises est une infraction pénale et, dans certains cas, peut constituer une circonstance aggravante du crime de contrebande.

Systèmes de certification de l'origine préférentielle

C'est précisément en raison des critères suivis par la Communauté européenne que celle-ci a mis en place, à côté du certificat d'origine délivré par la Chambre de commerce compétente, toute une série de preuves documentaires de l'origine utilisées pour les certifications à caractère préférentiel. Ces documents sont :

  • l'Eur 1 ;
  • le REX, qui remplace le formulaire A à partir de 2018 ;
  • l'Atr (pour la Turquie uniquement).

Le site REX désormais obligatoire pour pouvoir déclarer l'origine préférentielle en ce qui concerne les accords avec le Canada, le Japon, Singapour, le Vietnam... et plus récemment la Grande-Bretagne après le Brexit, avec les nouveaux accords préférentiels bilatéraux et en remplaçant 1 euro.

Le REX est le nouveau système d'exportateur enregistré en vigueur depuis le 1er janvier 2018 dernier (art. 81(1), Règl. UE n° 2447/15), c'est-à-dire la nouveau mode de certification de l'origine des marchandises que l'Union européenne met progressivement en place dans le cadre de ses régimes commerciaux préférentiels.. Elle est actuellement appliquée dans le cadre du système de préférences généralisées (SPG), par lequel l'UE accorde des préférences tarifaires aux pays en développement ; elle est également étendue à d'autres régimes unilatéraux et à des accords commerciaux conclus par l'UE elle-même (par exemple, l'accord de libre-échange avec le Viêt Nam).

Références bibliographiques et web

Bibliographie sur la réglementation douanière 

  • Manuel de droit commercial, éditeur Giappichelli, 3e édition 2019. 
  • Handbook of Customs Law and Practice, édité par Massimo Fabio, IPSOA Manuali ,VII Edition 2020
  • Code des douanes de l'Union européenne annoté par Fabrizio Marrella- Pasquale Marotta Giuffrè Francis Lefebvre, 2019

Sitographie sur la discipline douanière

italiacamerun Aedic association

A.E.D.I.C.
Cameroun - Yaoundé
Italie - Gorizia

fr_FRFrançais